EXTRAITS.
LE LIVRE DES TÉNÈBRES
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. (…) Ses yeux furent attirés par une feuille de carton surlignée en rose. L’écrivain avait noté la trame de l’histoire, ainsi que le détail des éléments traités dans chaque chapitre. Le nom d’Alban avait attiré son regard. Les jambes cotonneuses, elle s’assit dans le fauteuil de Mathias. Elle lut et relut les notes. Elle découvrit comment, à dix ans, il avait assassiné son enfant unique par jalousie. Le jeu n’en était pas un et la direction prise par les garçons n’avait jamais été fortuite. Mathias avait amené Alban au bord du précipice et l’avait poussé violemment dans le dos avec ses deux mains. L’écrivain avait annoté ses états d’âme à l’instant où il avait vu le corps de son camarade voltiger dans les airs jusqu’aux rochers. Une satisfaction certaine l’avait envahi en observant la dépouille écrasée en contrebas. Sa faim morbide avait été satisfaite pour un temps. C’était la première fois qu’il tuait autre chose qu’un animal. D’habitude, il attrapait et emprisonnait les oiseaux pour les occire, afin de les disloquer, de les désarticuler, de les décortiquer pour voir l’intérieur de l’animal. Il aimait le sang. L’hémoglobine avait un fort attrait sur lui.
Madeleine lisait le compte-rendu et les réflexions de Mathias avec effroi. Elle ne pouvait contenir ses larmes. Son fils, son tout petit avait été assassiné par ce monstre qu’elle avait élevé pendant tant d’années. Elle le lui ferait payer, mais pour l’heure elle ne devait rien montrer de sa découverte et de sa haine. Dans un gémissement étouffé, elle venait de lancer un maléfice à l’encontre de l’écrivain. À défaut de le pousser dans le vide à son tour, elle allait lui faire perdre la tête.
Elle s’était dépêchée de ranger et de remettre en état le bureau avant que Mathias ne rentre. Elle avait fini son ménage comme à l’accoutumée et avait préparé le repas qu’elle avait gardé au chaud jusqu’à ce qu’il revienne.
Ensuite elle se rendit au grenier pour s’aménager un coin à elle.
Elle y trouva un bureau d’écolier, qu’elle nettoya et cira, ainsi qu’une chaise. Elle disposa le tout sous la seule lucarne du lieu. Elle avait fait ses réserves de plumes de calligraphie, d’encriers et de cahiers pour tenir des années. Elle avait décidé d’écrire son histoire. Tous les soirs, ainsi que les heures libres qu’elle avait dans la journée, elle monterait dans les combles pour s’isoler afin de consigner ses mémoires qu’elle transformerait en roman. Elle ne comptait pas le publier, mais le retourner contre Mathias. (…)
(…) Mathias passa son chandail qui restait toujours à portée de mains. La température dans le bureau venait de descendre considérablement. À l’extérieur un vent endiablé s’était levé, rugissant et fouettant la plaine, ce qui mit les nerfs de l’auteur à fleur de peau. L’air s’était fait plus lourd, plus pesant, comme avant l’arrivée de l’orage, n’arrangeant pas l’état de nervosité de Mathias. Il se replongea malgré tout dans ses dernières phrases pour reprendre son récit. Ce fut alors que le presse-papier en forme de boule posé au coin de son bureau s’envola sur un mètre pour retomber sur le sol dans un bruit sourd. Mathias, le visage défait et le souffle coupé, bondit de son fauteuil en observant l’objet inanimé gisant sur le sol.
Il s’avança pour empoigner la lourde sphère. Son geste fut arrêté par un gémissement étouffé provenant de l’intérieur de la pièce. Son sang ne fit qu’un tour. Pris par la peur, il s’enfuit en courant, ouvrant la porte à la volée et dévalant une large envolée de marches, trébuchant par moment et se rattrapant à la rampe en fer forgé pour éviter le pire. (…)
(…) En fin de journée, Mathias décida de respirer l’air pur de la lande. Il aimait s’emplir les poumons des odeurs que laissait l’orage derrière lui. La brume recouvrait le lieu dans son entier, ne découvrant les pierres qu’à l’instant où l’homme butait dessus. Il avançait à tâtons en faisant appel à sa mémoire pour prendre le chemin sinueux menant à la falaise. Quelque chose dans l’endroit l’attirait immanquablement sans que Mathias n’en comprenne la raison. Une silhouette sans réelle consistance traversa son champ de vision. Il avait senti et vu pendant une fraction de seconde de la fumée. Il s’immobilisa et scruta un long moment le manteau blanc toujours aussi épais. Il tendit l’oreille à l’affût du moindre bruit, du moindre incendie. Il n’était plus certain d’avoir vraiment vu quelque chose. En proie à des hallucinations auditives, visuelles et sensorielles, il se demandait à présent s’il n’était pas en train de perdre ses facultés mentales ou s’il ne devenait pas schizophrène. .
C’est alors que l’apparition d’une forme humaine visible jusqu’à la taille le fit tressaillir. En voyant l’homme non loin d’elle, elle lui demanda d’une voix douce s’il pouvait lui indiquer le chemin le plus court pour se rendre au village. En s’approchant d’elle, il put constater qu’elle était d’une grande beauté et que cette nymphe possédait un corps gracile. Son teint d’albâtre jurait presque à côté de la blondeur de ses cheveux. Ses grands yeux bleus étaient rieurs et son visage empli de douceur était avenant. Le brouillard se dissipait doucement laissant place à une belle nuit noire plutôt fraîche pour la saison. Il invita l’inconnue à prendre une boisson chaude pour se réchauffer et lui proposa de la raccompagner ensuite chez elle. Elle accepta volontiers un thé, mais lui assura qu’elle saurait retrouver son chemin maintenant que la brume s’était volatilisée. (…)
(…) Ils étaient comme hypnotisés, leurs corps comme irradiés de plaisir. Ils s’abandonnèrent l’un à l’autre. Ils se délectèrent de leurs jeux amoureux, laissant leurs sens s’affoler. Leurs doigts exploraient l’autre corps tant désiré. Ils s’enivraient de caresses exquises et de baisers brûlants, laissant couler en eux le désir, ils perdaient pied dès qu’ils se respiraient. Leurs corps se cherchaient, s’offraient et se mêlaient. Leurs chairs s’électrisaient sous autant de volupté. Ils frissonnaient d’émotion. Leurs hanches ondulaient au rythme d’une danse endiablée. Leurs corps s’entremêlaient et leurs respirations s’entrecoupaient sous l’exaltation. La moindre parcelle de peau prenait feu en un immense incendie sous la puissance de leurs ébats. Ils libéraient leurs fantasmes dans une osmose totale. La communion de leur chair devenait indécente tellement le niveau de transcendance qu’ils avaient atteint était élevé. Leur sang bouillonnait telle de la lave en fusion. Ressemblant à un voyage voluptueux, il avait pénétré son temple de soie et il s’était noyé en elle. Il se fondait dans son corps où un véritable brasier brûlait. Leurs sens en effervescence, ils s’étaient pris avec fougue. Ils étaient avides l’un de l’autre, atteignant enfin les sommets du plaisir en chavirant vers l’inéluctable séisme. La violence du spasme était la représentation fidèle de l’intensité de leur union. (…)
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Madeleine lisait le compte-rendu et les réflexions de Mathias avec effroi. Elle ne pouvait contenir ses larmes. Son fils, son tout petit avait été assassiné par ce monstre qu’elle avait élevé pendant tant d’années. Elle le lui ferait payer, mais pour l’heure elle ne devait rien montrer de sa découverte et de sa haine. Dans un gémissement étouffé, elle venait de lancer un maléfice à l’encontre de l’écrivain. À défaut de le pousser dans le vide à son tour, elle allait lui faire perdre la tête.
Elle s’était dépêchée de ranger et de remettre en état le bureau avant que Mathias ne rentre. Elle avait fini son ménage comme à l’accoutumée et avait préparé le repas qu’elle avait gardé au chaud jusqu’à ce qu’il revienne.
Ensuite elle se rendit au grenier pour s’aménager un coin à elle.
Elle y trouva un bureau d’écolier, qu’elle nettoya et cira, ainsi qu’une chaise. Elle disposa le tout sous la seule lucarne du lieu. Elle avait fait ses réserves de plumes de calligraphie, d’encriers et de cahiers pour tenir des années. Elle avait décidé d’écrire son histoire. Tous les soirs, ainsi que les heures libres qu’elle avait dans la journée, elle monterait dans les combles pour s’isoler afin de consigner ses mémoires qu’elle transformerait en roman. Elle ne comptait pas le publier, mais le retourner contre Mathias. (…)
(…) Mathias passa son chandail qui restait toujours à portée de mains. La température dans le bureau venait de descendre considérablement. À l’extérieur un vent endiablé s’était levé, rugissant et fouettant la plaine, ce qui mit les nerfs de l’auteur à fleur de peau. L’air s’était fait plus lourd, plus pesant, comme avant l’arrivée de l’orage, n’arrangeant pas l’état de nervosité de Mathias. Il se replongea malgré tout dans ses dernières phrases pour reprendre son récit. Ce fut alors que le presse-papier en forme de boule posé au coin de son bureau s’envola sur un mètre pour retomber sur le sol dans un bruit sourd. Mathias, le visage défait et le souffle coupé, bondit de son fauteuil en observant l’objet inanimé gisant sur le sol.
Il s’avança pour empoigner la lourde sphère. Son geste fut arrêté par un gémissement étouffé provenant de l’intérieur de la pièce. Son sang ne fit qu’un tour. Pris par la peur, il s’enfuit en courant, ouvrant la porte à la volée et dévalant une large envolée de marches, trébuchant par moment et se rattrapant à la rampe en fer forgé pour éviter le pire. (…)
(…) En fin de journée, Mathias décida de respirer l’air pur de la lande. Il aimait s’emplir les poumons des odeurs que laissait l’orage derrière lui. La brume recouvrait le lieu dans son entier, ne découvrant les pierres qu’à l’instant où l’homme butait dessus. Il avançait à tâtons en faisant appel à sa mémoire pour prendre le chemin sinueux menant à la falaise. Quelque chose dans l’endroit l’attirait immanquablement sans que Mathias n’en comprenne la raison. Une silhouette sans réelle consistance traversa son champ de vision. Il avait senti et vu pendant une fraction de seconde de la fumée. Il s’immobilisa et scruta un long moment le manteau blanc toujours aussi épais. Il tendit l’oreille à l’affût du moindre bruit, du moindre incendie. Il n’était plus certain d’avoir vraiment vu quelque chose. En proie à des hallucinations auditives, visuelles et sensorielles, il se demandait à présent s’il n’était pas en train de perdre ses facultés mentales ou s’il ne devenait pas schizophrène. .
C’est alors que l’apparition d’une forme humaine visible jusqu’à la taille le fit tressaillir. En voyant l’homme non loin d’elle, elle lui demanda d’une voix douce s’il pouvait lui indiquer le chemin le plus court pour se rendre au village. En s’approchant d’elle, il put constater qu’elle était d’une grande beauté et que cette nymphe possédait un corps gracile. Son teint d’albâtre jurait presque à côté de la blondeur de ses cheveux. Ses grands yeux bleus étaient rieurs et son visage empli de douceur était avenant. Le brouillard se dissipait doucement laissant place à une belle nuit noire plutôt fraîche pour la saison. Il invita l’inconnue à prendre une boisson chaude pour se réchauffer et lui proposa de la raccompagner ensuite chez elle. Elle accepta volontiers un thé, mais lui assura qu’elle saurait retrouver son chemin maintenant que la brume s’était volatilisée. (…)
(…) Ils étaient comme hypnotisés, leurs corps comme irradiés de plaisir. Ils s’abandonnèrent l’un à l’autre. Ils se délectèrent de leurs jeux amoureux, laissant leurs sens s’affoler. Leurs doigts exploraient l’autre corps tant désiré. Ils s’enivraient de caresses exquises et de baisers brûlants, laissant couler en eux le désir, ils perdaient pied dès qu’ils se respiraient. Leurs corps se cherchaient, s’offraient et se mêlaient. Leurs chairs s’électrisaient sous autant de volupté. Ils frissonnaient d’émotion. Leurs hanches ondulaient au rythme d’une danse endiablée. Leurs corps s’entremêlaient et leurs respirations s’entrecoupaient sous l’exaltation. La moindre parcelle de peau prenait feu en un immense incendie sous la puissance de leurs ébats. Ils libéraient leurs fantasmes dans une osmose totale. La communion de leur chair devenait indécente tellement le niveau de transcendance qu’ils avaient atteint était élevé. Leur sang bouillonnait telle de la lave en fusion. Ressemblant à un voyage voluptueux, il avait pénétré son temple de soie et il s’était noyé en elle. Il se fondait dans son corps où un véritable brasier brûlait. Leurs sens en effervescence, ils s’étaient pris avec fougue. Ils étaient avides l’un de l’autre, atteignant enfin les sommets du plaisir en chavirant vers l’inéluctable séisme. La violence du spasme était la représentation fidèle de l’intensité de leur union. (…)
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EXTRAITS
_(...) Ses yeux ourlés de noir faisaient ressortir des orbites globuleuses plus blanches encore que le linceul qui lui servait de vêtements. La châtelaine effrayée détourna brusquement la tête. Elle était épouvantée. Le havre de paix et de beauté de la clairière s’était transformé en un paysage morne, sombre et lugubre. Le royaume de la mort. (...)
À l’instant où Josian pensait être arrivé à ses fins, la rousse se transforma sous les yeux du jeune homme stupéfait. Tantôt elle était belle, sculpturale, et l’instant d’après, elle lui offrait la vision d’un corps en décomposition, décharné. Elle adoptait le visage de la mort, en se donnant pour couronner le spectacle une attitude et un regard de démente. Puis elle se métamorphosa en une silhouette drapée de noir, aux mains squelettiques, flottant au-dessus du sol, des escaliers et des parterres de fleurs dans des volutes de brume. Elle tenta d’attraper Josian par la main pour l’entraîner avec elle. (...)
Une force invisible la plaqua au lit d’une forte pression sur les épaules, ne lui permettant plus de bouger. Elle avait les mains glacées, la température de la pièce baissait considérablement. Avec une grande rapidité, une trace de lacération apparut sur son ventre faisant place à une sensation de décharge électrique, de griffure puis de brûlure. La douleur fulgurante la fit tomber du lit. Les larmes inondaient ses joues. Son regard, troublé par ses pleurs de douleur, ne pouvait distinguer qu’une silhouette fuyante. (...)
L’orage éclata aux alentours de trois heures du matin venant l’arracher à sa profonde léthargie. Les limbes de la nuit étaient zébrés de jaune, le ciel déversait des trombes d’eau dans d’assourdissants roulements de tambour. L’orage vomit sa colère une heure durant pour se retirer sur la pointe des pieds, laissant entendre ses grondements de mécontentement dans le lointain. Il était parti réveiller les âmes du village voisin. (...)
La chaleur moite de cet été torride rendait tout port de vêtement insupportable. Célina dormait donc totalement nue, dévoilant aux volutes de la nuit un corps mince pourvu de rondeurs bien placées.
Un bruit sur le côté droit de son lit la réveilla en sursaut. Elle fut saisie d’effroi à la vue d’une silhouette brumeuse se tenant à son chevet. La brume se matérialisa en un homme élégant dont l’ossature puissante détonait avec la finesse de ses traits. Son cri resta coincé dans sa gorge. Prenant conscience de sa nudité, elle rabattit le drap sur elle.
La jeune femme demeura immobile quelques secondes le temps de recouvrer ses esprits. À l’instant où elle allait ouvrir la bou¬che, l’entité lui posa un doigt sur les lèvres, doigt qu’il laissa glisser sur sa joue puis doucement sur son cou. Étrangement, elle n’avait plus peur. Elle se détendit et se laissa faire. Elle finit par s’abandonner totalement.(...) Leurs corps étaient emmêlés, l’un à l’autre. L’entité s’enfonçait de plus en plus profondément en elle. Ils ne formaient plus qu’un seul être. Elle ne s’en était pas encore aperçue, le corps du spectre exerçant encore une pression sur son propre corps, ils fusionnaient entièrement, il se fondait en entrant en elle, pénétrant ainsi son corps et son âme. Au moment de l’orgasme, le fluide ectoplasmique s’évapora en elle. Le râle de l’amant se fit lointain pour disparaître dans le dernier spasme. (...)
La jeune femme était pâle. Son estomac s’était noué. Des sueurs froides la traversaient. Elle ne se sentait vraiment pas bien, étant sur le point de s’effondrer. Mais l’entité fonça à une vitesse incroyable sur la jeune femme qui reprit ses esprits et l’esquiva en se jetant sur le côté, venant percuter au passage un livre, aux reliures en cuir, qui se fracassa sur le sol.(...)
Puis deux mains l’attrapèrent par l’arrière, la faisant basculer pour la faire tomber. Célina hurla d’effroi.
Elle était face au spectre furieux de Marianna qui lui arracha la robe des mains dans des cris de damné. Son visage était blême et ses yeux plus sombres encore que le noir de la nuit. Ils la fixaient comme s’ils voulaient l’engloutir.
La peur engourdissait les membres de Célina. (...)
Un léger souffle suivi d’un bruissement d’étoffe la fit tressaillir. Après un long moment, elle réalisa où elle se trouvait. Tremblante, elle tentait de se diriger vers la sortie. Le manteau de brume ne lui facilitait pas la tâche. Une ombre, ressemblant à une silhouette, lui barrait le passage. Célina était blême, ses jambes avaient du mal à la porter et ses membres ne lui répondaient plus. L’air vibrait, il devenait de plus en plus lourd, donnant l’impression d’exercer une pression aussi forte qu’un étau. La jeune femme crut que ses tympans allaient éclater. Ses poumons se comprimaient au point de la faire suffoquer. Un froid intense transperçait ses vêtements. (...)
Le mal voulait la détruire, l’annihiler. La créature se transforma soudain. Le visage de Marianna apparut, venant se greffer sur ce corps fantasmagorique. Un rictus satanique figé élargissait exagérément sa bouche. Son regard devenait de plus en plus méprisant. Ses ailes se transformèrent en bras. Ses mains enserraient sa gorge. Elle suffoquait sous cette étreinte. Tout autour d’elle vacillait, le décor dansait devant ses yeux. Elle manquait cruellement d’oxygène. Elle était en train de mourir asphyxiée. (...)
Les volutes de la nuit dansaient avec les ombres. Ses yeux eurent du mal à s’habituer à l’obscurité. Elle parvint à trouver la sortie à tâtons, sursautant en passant devant une fenêtre qu’un éclair venait d’illuminer. (...)
Inopinément, les vitres éclatèrent une à une dans un fracas étourdissant. Célina hurla de stupeur. Elle reprit sa course en couvrant son visage de ses mains. Le bruit de verre était étourdissant.N’ayant aucune issue, elle se plaqua contre le mur qui disparut progressivement. (...)
À l’instant où Josian pensait être arrivé à ses fins, la rousse se transforma sous les yeux du jeune homme stupéfait. Tantôt elle était belle, sculpturale, et l’instant d’après, elle lui offrait la vision d’un corps en décomposition, décharné. Elle adoptait le visage de la mort, en se donnant pour couronner le spectacle une attitude et un regard de démente. Puis elle se métamorphosa en une silhouette drapée de noir, aux mains squelettiques, flottant au-dessus du sol, des escaliers et des parterres de fleurs dans des volutes de brume. Elle tenta d’attraper Josian par la main pour l’entraîner avec elle. (...)
Une force invisible la plaqua au lit d’une forte pression sur les épaules, ne lui permettant plus de bouger. Elle avait les mains glacées, la température de la pièce baissait considérablement. Avec une grande rapidité, une trace de lacération apparut sur son ventre faisant place à une sensation de décharge électrique, de griffure puis de brûlure. La douleur fulgurante la fit tomber du lit. Les larmes inondaient ses joues. Son regard, troublé par ses pleurs de douleur, ne pouvait distinguer qu’une silhouette fuyante. (...)
L’orage éclata aux alentours de trois heures du matin venant l’arracher à sa profonde léthargie. Les limbes de la nuit étaient zébrés de jaune, le ciel déversait des trombes d’eau dans d’assourdissants roulements de tambour. L’orage vomit sa colère une heure durant pour se retirer sur la pointe des pieds, laissant entendre ses grondements de mécontentement dans le lointain. Il était parti réveiller les âmes du village voisin. (...)
La chaleur moite de cet été torride rendait tout port de vêtement insupportable. Célina dormait donc totalement nue, dévoilant aux volutes de la nuit un corps mince pourvu de rondeurs bien placées.
Un bruit sur le côté droit de son lit la réveilla en sursaut. Elle fut saisie d’effroi à la vue d’une silhouette brumeuse se tenant à son chevet. La brume se matérialisa en un homme élégant dont l’ossature puissante détonait avec la finesse de ses traits. Son cri resta coincé dans sa gorge. Prenant conscience de sa nudité, elle rabattit le drap sur elle.
La jeune femme demeura immobile quelques secondes le temps de recouvrer ses esprits. À l’instant où elle allait ouvrir la bou¬che, l’entité lui posa un doigt sur les lèvres, doigt qu’il laissa glisser sur sa joue puis doucement sur son cou. Étrangement, elle n’avait plus peur. Elle se détendit et se laissa faire. Elle finit par s’abandonner totalement.(...) Leurs corps étaient emmêlés, l’un à l’autre. L’entité s’enfonçait de plus en plus profondément en elle. Ils ne formaient plus qu’un seul être. Elle ne s’en était pas encore aperçue, le corps du spectre exerçant encore une pression sur son propre corps, ils fusionnaient entièrement, il se fondait en entrant en elle, pénétrant ainsi son corps et son âme. Au moment de l’orgasme, le fluide ectoplasmique s’évapora en elle. Le râle de l’amant se fit lointain pour disparaître dans le dernier spasme. (...)
La jeune femme était pâle. Son estomac s’était noué. Des sueurs froides la traversaient. Elle ne se sentait vraiment pas bien, étant sur le point de s’effondrer. Mais l’entité fonça à une vitesse incroyable sur la jeune femme qui reprit ses esprits et l’esquiva en se jetant sur le côté, venant percuter au passage un livre, aux reliures en cuir, qui se fracassa sur le sol.(...)
Puis deux mains l’attrapèrent par l’arrière, la faisant basculer pour la faire tomber. Célina hurla d’effroi.
Elle était face au spectre furieux de Marianna qui lui arracha la robe des mains dans des cris de damné. Son visage était blême et ses yeux plus sombres encore que le noir de la nuit. Ils la fixaient comme s’ils voulaient l’engloutir.
La peur engourdissait les membres de Célina. (...)
Un léger souffle suivi d’un bruissement d’étoffe la fit tressaillir. Après un long moment, elle réalisa où elle se trouvait. Tremblante, elle tentait de se diriger vers la sortie. Le manteau de brume ne lui facilitait pas la tâche. Une ombre, ressemblant à une silhouette, lui barrait le passage. Célina était blême, ses jambes avaient du mal à la porter et ses membres ne lui répondaient plus. L’air vibrait, il devenait de plus en plus lourd, donnant l’impression d’exercer une pression aussi forte qu’un étau. La jeune femme crut que ses tympans allaient éclater. Ses poumons se comprimaient au point de la faire suffoquer. Un froid intense transperçait ses vêtements. (...)
Le mal voulait la détruire, l’annihiler. La créature se transforma soudain. Le visage de Marianna apparut, venant se greffer sur ce corps fantasmagorique. Un rictus satanique figé élargissait exagérément sa bouche. Son regard devenait de plus en plus méprisant. Ses ailes se transformèrent en bras. Ses mains enserraient sa gorge. Elle suffoquait sous cette étreinte. Tout autour d’elle vacillait, le décor dansait devant ses yeux. Elle manquait cruellement d’oxygène. Elle était en train de mourir asphyxiée. (...)
Les volutes de la nuit dansaient avec les ombres. Ses yeux eurent du mal à s’habituer à l’obscurité. Elle parvint à trouver la sortie à tâtons, sursautant en passant devant une fenêtre qu’un éclair venait d’illuminer. (...)
Inopinément, les vitres éclatèrent une à une dans un fracas étourdissant. Célina hurla de stupeur. Elle reprit sa course en couvrant son visage de ses mains. Le bruit de verre était étourdissant.N’ayant aucune issue, elle se plaqua contre le mur qui disparut progressivement. (...)
_L’HÔTEL DU LAC.
Un jeune couple vient d’acheter une maison à étage. Ils rénovent la demeure pour la transformer en hôtel. Marion et André veulent garder et préserver le cachet ancien de la bâtisse. Pour cela, ils laissent le mobilier intact des siècles passés. Ils gardent aussi les cadres contenant de vieilles photographies représentant certainement les anciens propriétaires des lieux, les encadrements de portes datant approximativement de l’époque victorienne, ainsi que les bougeoirs très kitch posés aux murs. Bien évidemment, les bougies ne seront jamais allumées, elles ne serviront que pour agrémenter le décor, afin que les clients soient plongés dans les ambiances d’autrefois. Le futur hôtelier a fait refaire l’électricité ainsi que les lignes téléphoniques. Il a la volonté de laisser l’empreinte du passé tout en faisant bénéficier les lieux du confort moderne. Pensant aux gens qui ne peuvent se passer d’internet une seule journée, il a fait installer le wi-fi. Toutes les commodités actuelles feront partie intégrante des aménagements de l’hôtel.
Le cadre est enchanteur. Cette maison est située au cœur des bois, au pied d’un immense lac. Le reflet des arbres colore l’eau d’une superbe couleur vert menthe. Des joncs et des roseaux bordent le lac sans toutefois que le lieu soit à l’état sauvage. L’hôtel n’est malgré tout situé qu’à dix minutes de la ville et de ses commerces.
La seule petite ombre, à ce tableau idyllique, est la présence quasi permanente d’un couple de corbeaux qui survolent la bâtisse. Leurs croassements sont insupportables les jours de mauvais temps.
L’antre de la demeure reste accueillant. Dans chaque pièce principale trône une cheminée de pierre. Celle du salon est la plus importante du foyer. Un tableau, représentant une famille du XIXe siècle, est accroché au-dessus du manteau de l’âtre. Une lourde horloge à balancier lui fait face. Elle fonctionne encore à merveille, bien qu’elle s’arrête toutes les nuits. Marion a remarqué une chose bien étrange, les aiguilles se bloquent à deux heures du matin. Elle est obligée de la remettre en fonction dès son lever.
Après plusieurs mois de travaux acharnés, André en a fini avec les étages. Il entreprend à présent l’aménagement du sous-sol. Il compte le transformer en cave à vin et en buanderie.
C’est à ce moment-là que l’atmosphère de la maison change perceptiblement. L’air ambiant devient oppressant et parfois même angoissant.
Dès la tombée de la nuit, Marion n’est plus vraiment rassurée depuis le début des travaux du rez-de-chaussée.
Le temps change à une rapidité fulgurante en cette fin de journée. Serrée dans son chandail qu’elle plaque contre elle, la jeune femme observe par la fenêtre la tempête qui approche. Une étonnante appréhension s’empare d’elle.
Le ciel tourmenté se charge d’une masse nuageuse d’un gris foncé chamarré de noir. Les nuages restent bizarrement statiques malgré les rafales. Les bourrasques couchent les herbes hautes dans les champs, les faisant danser au gré de ses envies. La maison craque d’une façon sinistre, malmenée par les tourbillons de vent.
L’hôtel douillet s’est transformé en un endroit sinistre et peu rassurant. L’orage qui vient d’éclater renforce ce sentiment.
André fait de drôles de rêves. La famille du tableau prend vie devant ses yeux. Il replonge dans le XIXe siècle. Il revit des scènes du passé. Le patriarche n’était pas commode et très autoritaire. Le jeune homme pouvait lire de la terreur dans le regard de son épouse et dans celui de sa fillette. Une tache rouge, ressemblant à du sang, gicle dans son esprit. André se réveille trempé de sueur et tremblant. Plus les jours passent, et plus des manifestations mystérieuses font leur apparition. Les bougies s’allument toutes seules. Les lustres se mettent à trembler. Des brises glaciales traversent les pièces où le jeune couple se trouve. Des taches de sang apparaissent sur les murs et le sol pour disparaître en quelques secondes. Des hurlements stridents leur percent les tympans. Ils ressentent beaucoup de colère dans l’esprit qui hante le lieu. Mais les objets, qui volent en tout sens, ne les atteignent jamais. L’entité cherche à communiquer en déversant sa rage sans jamais les blesser. Certes, les hôteliers sont terrifiés par ces phénomènes, mais ne se sentent pas en danger, malgré le nombre de manifestations qui s’accroît de jour en jour. (...)
VILLAGE DAMNÉ
(...) Sans que personne ne lui ait appris, elle possédait la même habileté que sa défunte femme pour soigner avec les plantes. (...)
Les habitants du bourg se rendaient en catimini auprès d’elle pour obtenir une potion pour leurs divers maux. Ils s’abstenaient bien de divulguer leur visite, car elle était traitée par tous comme une sorcière. (...)
Les yeux exorbités de terreur fixaient un même point dans le ciel. Une silhouette se découpant dans le clair de lune flottait au dessus de leur tête. Les éléments si calmes jusque-là se déchaînèrent, déversant leur effroyable colère qui était comparable à celle de la wicca. Elle était revenue d’entre les morts. (...)
Elle prenait tantôt un visage de démon, tantôt celui d’un ange déchu grimaçant. De temps à autre, elle prenait la forme d’une fumée blanche. Elle se faufilait vers eux, enserrait leur cou de sa matière vaporeuse et les étranglait avec une facilité déconcertante. (...)
Flora fit appel à d’autres entités. Elle ordonna aux ombres de tourner autour du bourg pour tous les encercler. Les silhouettes se déplaçaient en tout sens, effrayant ceux qui tentaient de s’enfuir. La wicca déclencha plusieurs départs de feu dans les habitations protégeant les pleutres qui s’y cachaient. (...)
LE DAUGR
(...) À l’instant où elle referma son livre, les luminaires s’éteignirent soudainement. Seule la lune laissait filtrer une raie de lumière suffisante, pour que l’auteur puisse ramasser ses notes, ainsi que le livre emprunté à la bibliothèque. Elle se dirigea aussi vite qu’elle le put vers la porte de sortie. (...)
Un claquement sourd lui fit tourner la tête. Le vent soufflait en rafales. Elle se leva pour observer par la fenêtre, les branches d’arbres qui tressautaient sous les assauts des bourrasques, les feuilles frissonnaient en donnant l’impression de se détacher à chaque attaque. Les bougainvilliers étaient aussi maltraités, et à tout moment Paméla s’attendait à les voir se déraciner. Les rafales s’engouffraient sous les tuiles, à tel point que la jeune femme crut que sa maison allait s’écrouler tel un château de cartes. (...)
En fin de journée, il ne s’était plus présenté à sa victime sous forme de silhouette noire. Mais, tel qu’il avait toujours été : un daugr. Il ne possédait pas d’ombre, mais était auréolé de noir, ce qui fit comprendre à Paméla l’être maléfique qu’elle avait devant elle. (...)
L’auteure, un peu plus vaillante, posa sa main sur la poignée de la porte de la cave, quand un sifflement plus fort qu’à l'accoutumée et une bourrasque violente la firent tomber. Sa tête cogna brutalement contre le sol, la rendant sans connaissance quelques instants. Le daugr en profita pour prendre possession de son corps. (...)
L’ANGE DÉCHU
(...) À quatre heures quarante-cinq, des turbulences inexpliquées entraînent l’appareil dans une dangereuse danse aérienne. Le pilote maintient le cap tant bien que mal, arrivant à passer les Alpes. Mais peu après les bourrasques se font plus virulentes, attirant l’avion de leurs mains longues et crochues jusqu’au sol, où l’impact est inévitable. (...)
(...) Angel erre entre les débris, dont certains sont en proie aux flammes. Elle foule ce paysage désertique sans but précis. La pauvrette a perdu la mémoire.
(...) Dans un soleil couchant rougeoyant, une jeune femme brune aux yeux bleus, toute de blanc vêtue, fait son apparition. Un bruit de pas furtifs avertit Tristan d’une présence. Il se relève impressionné par cette vision. La jeune femme possède des jambes de danseuse fuselées à la peau cuivrée, et ses seins lourds, mais fermes sont accentués par le plongeant de son décolleté. (...)
Les embruns lèchent délicatement leurs visages. Tristan, d’un geste protecteur, s’approche d’elle. À ce moment, elle émet une plainte étrange, qui n’a rien d’humain. Pétrifié, le jeune homme s’immobilise. Le brouillard vient de les envelopper en une fraction de seconde.
Angel sourit pour la première fois, dévoilant deux belles rangées de dents blanches. Un filet de sang coule à la commissure de ses lèvres qui luisent d’un beau rouge carmin. (...)
Un jeune couple vient d’acheter une maison à étage. Ils rénovent la demeure pour la transformer en hôtel. Marion et André veulent garder et préserver le cachet ancien de la bâtisse. Pour cela, ils laissent le mobilier intact des siècles passés. Ils gardent aussi les cadres contenant de vieilles photographies représentant certainement les anciens propriétaires des lieux, les encadrements de portes datant approximativement de l’époque victorienne, ainsi que les bougeoirs très kitch posés aux murs. Bien évidemment, les bougies ne seront jamais allumées, elles ne serviront que pour agrémenter le décor, afin que les clients soient plongés dans les ambiances d’autrefois. Le futur hôtelier a fait refaire l’électricité ainsi que les lignes téléphoniques. Il a la volonté de laisser l’empreinte du passé tout en faisant bénéficier les lieux du confort moderne. Pensant aux gens qui ne peuvent se passer d’internet une seule journée, il a fait installer le wi-fi. Toutes les commodités actuelles feront partie intégrante des aménagements de l’hôtel.
Le cadre est enchanteur. Cette maison est située au cœur des bois, au pied d’un immense lac. Le reflet des arbres colore l’eau d’une superbe couleur vert menthe. Des joncs et des roseaux bordent le lac sans toutefois que le lieu soit à l’état sauvage. L’hôtel n’est malgré tout situé qu’à dix minutes de la ville et de ses commerces.
La seule petite ombre, à ce tableau idyllique, est la présence quasi permanente d’un couple de corbeaux qui survolent la bâtisse. Leurs croassements sont insupportables les jours de mauvais temps.
L’antre de la demeure reste accueillant. Dans chaque pièce principale trône une cheminée de pierre. Celle du salon est la plus importante du foyer. Un tableau, représentant une famille du XIXe siècle, est accroché au-dessus du manteau de l’âtre. Une lourde horloge à balancier lui fait face. Elle fonctionne encore à merveille, bien qu’elle s’arrête toutes les nuits. Marion a remarqué une chose bien étrange, les aiguilles se bloquent à deux heures du matin. Elle est obligée de la remettre en fonction dès son lever.
Après plusieurs mois de travaux acharnés, André en a fini avec les étages. Il entreprend à présent l’aménagement du sous-sol. Il compte le transformer en cave à vin et en buanderie.
C’est à ce moment-là que l’atmosphère de la maison change perceptiblement. L’air ambiant devient oppressant et parfois même angoissant.
Dès la tombée de la nuit, Marion n’est plus vraiment rassurée depuis le début des travaux du rez-de-chaussée.
Le temps change à une rapidité fulgurante en cette fin de journée. Serrée dans son chandail qu’elle plaque contre elle, la jeune femme observe par la fenêtre la tempête qui approche. Une étonnante appréhension s’empare d’elle.
Le ciel tourmenté se charge d’une masse nuageuse d’un gris foncé chamarré de noir. Les nuages restent bizarrement statiques malgré les rafales. Les bourrasques couchent les herbes hautes dans les champs, les faisant danser au gré de ses envies. La maison craque d’une façon sinistre, malmenée par les tourbillons de vent.
L’hôtel douillet s’est transformé en un endroit sinistre et peu rassurant. L’orage qui vient d’éclater renforce ce sentiment.
André fait de drôles de rêves. La famille du tableau prend vie devant ses yeux. Il replonge dans le XIXe siècle. Il revit des scènes du passé. Le patriarche n’était pas commode et très autoritaire. Le jeune homme pouvait lire de la terreur dans le regard de son épouse et dans celui de sa fillette. Une tache rouge, ressemblant à du sang, gicle dans son esprit. André se réveille trempé de sueur et tremblant. Plus les jours passent, et plus des manifestations mystérieuses font leur apparition. Les bougies s’allument toutes seules. Les lustres se mettent à trembler. Des brises glaciales traversent les pièces où le jeune couple se trouve. Des taches de sang apparaissent sur les murs et le sol pour disparaître en quelques secondes. Des hurlements stridents leur percent les tympans. Ils ressentent beaucoup de colère dans l’esprit qui hante le lieu. Mais les objets, qui volent en tout sens, ne les atteignent jamais. L’entité cherche à communiquer en déversant sa rage sans jamais les blesser. Certes, les hôteliers sont terrifiés par ces phénomènes, mais ne se sentent pas en danger, malgré le nombre de manifestations qui s’accroît de jour en jour. (...)
VILLAGE DAMNÉ
(...) Sans que personne ne lui ait appris, elle possédait la même habileté que sa défunte femme pour soigner avec les plantes. (...)
Les habitants du bourg se rendaient en catimini auprès d’elle pour obtenir une potion pour leurs divers maux. Ils s’abstenaient bien de divulguer leur visite, car elle était traitée par tous comme une sorcière. (...)
Les yeux exorbités de terreur fixaient un même point dans le ciel. Une silhouette se découpant dans le clair de lune flottait au dessus de leur tête. Les éléments si calmes jusque-là se déchaînèrent, déversant leur effroyable colère qui était comparable à celle de la wicca. Elle était revenue d’entre les morts. (...)
Elle prenait tantôt un visage de démon, tantôt celui d’un ange déchu grimaçant. De temps à autre, elle prenait la forme d’une fumée blanche. Elle se faufilait vers eux, enserrait leur cou de sa matière vaporeuse et les étranglait avec une facilité déconcertante. (...)
Flora fit appel à d’autres entités. Elle ordonna aux ombres de tourner autour du bourg pour tous les encercler. Les silhouettes se déplaçaient en tout sens, effrayant ceux qui tentaient de s’enfuir. La wicca déclencha plusieurs départs de feu dans les habitations protégeant les pleutres qui s’y cachaient. (...)
LE DAUGR
(...) À l’instant où elle referma son livre, les luminaires s’éteignirent soudainement. Seule la lune laissait filtrer une raie de lumière suffisante, pour que l’auteur puisse ramasser ses notes, ainsi que le livre emprunté à la bibliothèque. Elle se dirigea aussi vite qu’elle le put vers la porte de sortie. (...)
Un claquement sourd lui fit tourner la tête. Le vent soufflait en rafales. Elle se leva pour observer par la fenêtre, les branches d’arbres qui tressautaient sous les assauts des bourrasques, les feuilles frissonnaient en donnant l’impression de se détacher à chaque attaque. Les bougainvilliers étaient aussi maltraités, et à tout moment Paméla s’attendait à les voir se déraciner. Les rafales s’engouffraient sous les tuiles, à tel point que la jeune femme crut que sa maison allait s’écrouler tel un château de cartes. (...)
En fin de journée, il ne s’était plus présenté à sa victime sous forme de silhouette noire. Mais, tel qu’il avait toujours été : un daugr. Il ne possédait pas d’ombre, mais était auréolé de noir, ce qui fit comprendre à Paméla l’être maléfique qu’elle avait devant elle. (...)
L’auteure, un peu plus vaillante, posa sa main sur la poignée de la porte de la cave, quand un sifflement plus fort qu’à l'accoutumée et une bourrasque violente la firent tomber. Sa tête cogna brutalement contre le sol, la rendant sans connaissance quelques instants. Le daugr en profita pour prendre possession de son corps. (...)
L’ANGE DÉCHU
(...) À quatre heures quarante-cinq, des turbulences inexpliquées entraînent l’appareil dans une dangereuse danse aérienne. Le pilote maintient le cap tant bien que mal, arrivant à passer les Alpes. Mais peu après les bourrasques se font plus virulentes, attirant l’avion de leurs mains longues et crochues jusqu’au sol, où l’impact est inévitable. (...)
(...) Angel erre entre les débris, dont certains sont en proie aux flammes. Elle foule ce paysage désertique sans but précis. La pauvrette a perdu la mémoire.
(...) Dans un soleil couchant rougeoyant, une jeune femme brune aux yeux bleus, toute de blanc vêtue, fait son apparition. Un bruit de pas furtifs avertit Tristan d’une présence. Il se relève impressionné par cette vision. La jeune femme possède des jambes de danseuse fuselées à la peau cuivrée, et ses seins lourds, mais fermes sont accentués par le plongeant de son décolleté. (...)
Les embruns lèchent délicatement leurs visages. Tristan, d’un geste protecteur, s’approche d’elle. À ce moment, elle émet une plainte étrange, qui n’a rien d’humain. Pétrifié, le jeune homme s’immobilise. Le brouillard vient de les envelopper en une fraction de seconde.
Angel sourit pour la première fois, dévoilant deux belles rangées de dents blanches. Un filet de sang coule à la commissure de ses lèvres qui luisent d’un beau rouge carmin. (...)